MARIE DOCHER

Convictions intimes

2014


Des mots sont apparus dans nos vies, au début de l’hiver 2012. Des mots cinglants, nous stigmatisant, nous montrant du doigt, jugeant notre vie intime, notre légitimité à nous unir, à élever des enfants.

Des projections d’un intime majoritaire encapsulées dans un discours pseudo-savant, déniant tout sens aux intimes qui ne lui ressemblent pas, convictions intimes se prenant pour vérité.

Nous, au début, c’était ma compagne, son fils de 8 ans et moi. Puis ce nous s’est élargi sous la violence des coups portés. Ces mots ont été prononcés lors de débats, dans les médias, lors de manifestations de rue, de repas familiaux, de soirées amicales. Ces mots sont venus imprégner nos vies, nos peaux, nos regards, nos vêtements, comme une odeur tenace, persistante. Ils surgissaient dès le matin, aperçus dans un journal, hurlés dans la rue, répétés en boucle sur les radios, et nous laissaient écœurées le soir, et infiniment tristes.

Une partie de la loi a été votée et le calme espéré n’a été que de courte durée.

En tatouant ces mots sur nos corps et notre vie quotidienne, j’ai voulu montrer à quel point nous avons été changées, durablement, par la violence, le conservatisme et l’ignorance.



"Tant qu’une opinion est implantée sur les sentiments, elle défie les arguments les plus décisifs, elle en tire de la force plutôt que d’en être affaiblie (…) ; plus elle sort maltraitée d’un débat, plus les hommes qui l’adoptent sont persuadés que leur sentiment doit reposer sur un fondement plus profond, que les arguments ne peuvent pas atteindre. Tant que le sentiment subsiste, il n’est jamais à court de théories ; il a bientôt réparé les brèches de ses retranchements."


John Stuart Mill

De l’assujettissement des femmes – 1869




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Gay Femelle


«Même si j’ai beaucoup d’amis gays et que j’ai accouché des gays femelles, je ne vois pas ce que ça apporte sinon une couverture sociale. Mes adjoints le feront à ma place.»


François Commeinhes. Gynécologue et PDG
d’une polyclinique,
maire UMP de Sète.

Traçabilité


«Quand on pense que le sujet du moment, c’est la traçabilité du bifteck ! Tout le monde veut savoir s’il y a du cheval dans ce qu’on mange. Mais la traçabilité des enfants, qu’est ce qu’on en fait ? C’est tout de même plus important. Avec leur ‘mariage pour tous’, la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant. Et le petit, plus tard, quand il demandera qui sont ses parents ? On lui répondra : désolé, il n’y a pas de traçabilité.»

 
Nicolas Sarkozy. 23ème président de la République Française.

Ordre naturel


«Je suis contre le mariage entre hommes… aussi entre femmes. Quand je les vois s’embrasser dans la rue, ça me renverse l’estomac. Après, je n’ai rien contre eux, je connais des homosexuels très gentils. Mais c’est contre nature.»


Denis Caussé.1er adjoint au maire de L’Isle-en-Dodon.


«Ça me choque. Moralement, anatomiquement, physiologiquement, c’est contre nature.»


Bruno Perrin. Maire de Migny.


«Le mariage homosexuel est contre nature et va à l’encontre des règles de notre société chrétienne. Pourquoi vouloir officialiser ce qui va entraîner un bouleversement sociétal ?»


Charles Demouge. Maire UMP de Fesches-le-Châtel.

Forces du mal


«J’appelle les Corses à manifester à Paris contre ce projet de mariage pour tous (...) Car ne nous trompons pas de débat : comme le dit Saint Paul, ce n’est pas contre des personnes que nous nous battons, mais contre les forces du mal.»


Olivier Certain de Germay de Cirfontaine. Evêque catholique d’Ajaccio.

Produit de consommation


«Pour certains l’enfant est simplement un droit, un produit de consommation, ce n’est pas ce que nous voulons.»


Marc Le Fur. Député UMP des Côtes d’Armor.

Electre et Œdipe


«La psychanalyse n’a pas toujours raison. Mais quand même, sur le rôle de la différence des sexes dans la construction de la personnalité, elle fait réfléchir. Une question me taraude depuis longtemps : que deviendraient Oedipe et Electre dans le monde que vous nous préparez ?»


Henri Guaino. Député des Yvelines.

Barbarie


«De toute façon, nous ne pouvons pas laisser passer une monstruosité pareille sans nous exprimer clairement : nos descendants nous jugeront là-dessus, comme nous avons jugé nos anciens à leur attitude devant les totalitarismes. Aujourd'hui, la barbarie, c'est ça.»


Chantal Delsol. Professeure de philosophie à l'université de Marne-la-Vallée, fondatrice de l'Institut Hannah Arendt, membre de l'Institut, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques. Editorialiste au Figaro et Valeurs Actuelles.

Boîte comprenant neuf tirages (16 x 12 cm). Prix

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